Une crise profonde secoue actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), suscitant des tensions vives à la Maison de la Presse d’Abidjan, où une session extraordinaire a été organisée ce mercredi 25 février 2026 à l’appel du Conseil d’administration (AIP).

Réunis pour tenter de résoudre les difficultés institutionnelles qui paralysent l’organisation, les membres présents ont voté la prorogation du mandat des organes dirigeants, alors que celui‑ci devait expirer le 26 février à minuit (AIP). Selon le président du Conseil d’administration, Bertin N’Guessan, cette décision a été justifiée par la nécessité d’assurer la continuité de l’institution et d’éviter un blocage statutaire ou une mise sous administration provisoire (AIP).

Cependant, cette mesure, jugée « conservatoire », n’a pas fait l’unanimité. Une partie de la profession a exprimé sa vive opposition, estimant que les conditions statutaires n’étaient pas réunies pour tenir un congrès extraordinaire et que cette prorogation constituait une sortie de crise mal fondée (Crocinfos). Certains membres de l’UNJCI, notamment la Liste « Nouvelle Vision », ont appelé à la suspension immédiate de la session, jugeant le processus non conforme aux textes statutaires de l’organisation (Crocinfos).

Cette crise trouve son origine dans des événements juridiques antérieurs, notamment la suspension par la justice ivoirienne du 12ᵉ congrès ordinaire prévu en février 2026 en raison de contentieux liés à des candidatures controversées. Cette décision judiciaire a contribué à exacerber les tensions internes, certains acteurs dénonçant des irrégularités dans le processus électoral et des manœuvres politiques qui fragilisent la crédibilité de l’organisation.

Le vote de prorogation a donc été perçu par ses promoteurs comme un moyen de préserver l’institution dans un contexte jugé instable, mais pour ses détracteurs, il constitue un contournement dangereux de la démocratie interne au sein de l’UNJCI (AIP; Crocinfos).
La situation reste incertaine, et beaucoup appellent à une sortie de crise inclusive et transparente, respectueuse des statuts et du règlement intérieur, afin de préserver l’unité et la stabilité de la principale organisation professionnelle des journalistes ivoiriens.

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Sadibou Marong
Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF
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