À l’occasion de la 15ᵉ édition de la Journée mondiale de la radio, célébrée le 13 février 2026, Studio Yafa de la Fondation Hirondelle au Burkina Faso a organisé un panel d’échanges autour du thème de cette année : le rôle de la radio à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle. Les discussions ont mis en lumière l’impact croissant de l’intelligence artificielle dans les médias, ainsi que les opportunités et défis qu’elle représente pour le journalisme et la production radiophonique.
Dans les témoignages publiés sur la page Facebook de Studio Yafa, les intervenants ont partagé des réflexions nuancées.
Pour Alice Ouédraogo, journaliste à Studio Yafa :
« Avec l’apparition de l’intelligence artificielle, il est désormais plus facile d’analyser des données, de traduire des contenus et même de créer des images ou des vidéos. Mais cette même intelligence artificielle favorise la propagation des fake news, des deepfakes, de l’arnaque… Finalement, on se demande si l’IA est un allié ou une menace. »
Un questionnement central à l’heure où la production et la diffusion de contenus sont devenues plus accessibles que jamais.
La crédibilité comme boussole
Mahamadi Rouamba, Directeur Général de TICANALYSE et expert en intelligence artificielle, a insisté sur la responsabilité des journalistes :
« Avec l’intelligence artificielle, on aura de plus en plus de producteurs de contenu en lien avec l’actualité. Donc, d’autres acteurs entrent dans le champ de la création et de la diffusion de l’information. Pour la radio, c’est sa crédibilité qui la fera émerger du lot. »
Il rappelle la nécessité d’une information vérifiable et vérifiée, soulignant également les limites stylistiques des textes générés par IA :
« Quand vous recevez un texte généré par IA, vous retrouvez des patterns, une manière de rédiger qui devient très vite insipide à la lecture. Comme on dit, c’est un texte sans âme. »
Pour lui, la plus-value humaine reste déterminante.
Garder le contrôle sur l’outil
De son côté, Isidor Bouda, Président de FasoCheck, compare l’IA à un joueur décisif… mais pas au buteur :
« Il faut travailler à ce que l’IA soit vraiment l’assistant. C’est comme un joueur qui nous fait les passes décisives pour marquer des buts, mais pas celui qui vient marquer à notre place. »
Il met en garde contre une dépendance excessive :
« L’humain doit garder le contrôle. Sinon, on risque une atrophie intellectuelle et une adhésion passive. »
Selon lui, le journaliste doit renforcer sa capacité d’analyse, de doute, de contextualisation et de réflexion critique.
Studio Yafa, un média au service du dialogue
Installé au Burkina Faso depuis 2018, Studio Yafa produit des contenus radio, vidéo et multimédia dédiés aux jeunes, aux femmes et aux personnes vulnérables. Ses magazines sont diffusés en Mooré, Dioula, Fulfuldé, Gulmancema et Français. Les programmes sont relayés par 51 stations de radio partenaires, une chaîne de télévision, la plateforme mobile 321 de Viamo ainsi que sur les plateformes digitales. À l’ère de l’intelligence artificielle, une certitude se dégage de ce panel : la technologie évolue, mais la crédibilité et la valeur ajoutée humaine restent le cœur du journalisme.

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