Les 72 heures de l’étudiant en communication et journalisme, organisées par le Club des Étudiants en Communication et Journalisme de l’Institut Panafricain d’Étude et de Recherche sur les Médias, l’Information et la Communication (IPERMIC), se sont tenues du 13 au 15 mars 2025 à Ouagadougou, au BurkinaFaso. Cet événement a constitué une plateforme privilégiée de découverte et d’apprentissage pour les futurs professionnels de l’Information et de la Communication. L’édition 2025 était placée sous le thème : « Contribution de la jeunesse à la promotion de l’intégration pour une société de paix et de vivre-ensemble par l’information et la communication responsable ».

La cérémonie d’ouverture a été marquée par une conférence inaugurale animée par Dr. Zakaria Soré, sociologue et Secrétaire Général de la Présidence du Faso, spécialiste des questions sécuritaires. Il a mis en lumière les défis actuels de la communication face aux problématiques de cohésion sociale, de désinformation et de crise de légitimité des médias.

Selon lui, les consommateurs d’information se trouvent aujourd’hui dans une situation complexe, marquée par la surcharge informationnelle et la prolifération de fausses nouvelles. Il a insisté sur l’importance de l’engagement des jeunes dans la lutte contre la désinformation et la promotion d’un usage responsable des médias numériques (production et diffusion de contenus responsables).

La communication dans la promotion de la cohésion sociale en temps de crise au Burkina Faso : aperçu des bonnes pratiques de Oxfam Burkina Faso

Balguissa Sawadogo, Officer Communication & Média à Oxfam Burkina Faso, a présenté le rôle de la communication dans la consolidation de la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso. Oxfam intervient dans le pays aussi bien dans le domaine du développement que de l’humanitaire. La communication est un outil permettant de sensibiliser, éduquer et mobiliser les communautés en faveur de la coexistence pacifique.

Balguissa Sawadogo, Officer Communication & Média à Oxfam présente les actions de communication pour renforcer la cohésion sociale par Oxfam Burkina Faso.

Elle a souligné l’importance des stratégies de communication pour réduire les tensions, en s’appuyant sur les médias et les canaux de communication communautaire. L’organisation utilise plusieurs approches, notamment la communication institutionnelle à travers le branding et des messages ciblés, la diffusion de contenus via les médias traditionnels et numériques, ainsi que la communication de proximité, qui privilégie les échanges et dialogues au niveau local. L’usage des langues locales, des canaux informels, les radios communautaires et les discussions en petits groupes favorise une meilleure compréhension et une plus grande implication des populations.

Souhadou Diasso, Conseillère en Consolidation de la paix à Oxfam Burkina, a quant à elle mis l’accent sur la communication sensible aux conflits. Elle a évoqué de l’approche « Do No Harm » dans la communication, qui consiste à utiliser un langage neutre et inclusif afin d’éviter d’attiser les tensions.

L’implication des acteurs locaux dans le processus communicationnel est également essentielle pour assurer une transmission d’informations adaptées aux réalités du terrain. Elle a aussi évoqué des stratégies et outils de communication, mettant en avant les campagnes de sensibilisation, l’utilisation des radios communautaires, les débats publics, la mobilisation des leaders d’opinion, la formation des journalistes sur la communication sensible aux conflits, ainsi que l’exploitation des médias numériques.

Opportunités de bourse et des services des espaces américains au Burkina Faso

Cette présentation a été assurée par Jaunasse Yaro, Alumni Coordinator de l’Ambassade des États-Unis au Burkina Faso. Il a exposé les différents programmes de bourses, tels que YALI et Fulbright, qui offrent aux jeunes burkinabè des opportunités de formation et de développement de compétences.

La lutte contre la désinformation, un enjeu majeur
Jordan Méda, journaliste fact-checkeur et Directeur éditorial de Faso Check parle du désordre informationnel de nos jours.

Une autre communication sur la désinformation, ses causes, manifestations et préventions a été faite. Animé par Jordan Méda, journaliste fact-checkeur et Directeur éditorial de Faso Check, il a mis en évidence les dangers de la désinformation dans des secteurs aussi variés que la santé publique, la sécurité et l’économie. Il a présenté les différentes formes de fausses informations (contenus fabriqués, faux contextes, satires mal interprétées, etc.) et suggére de développer un esprit critique face à l’avalanche d’informations disponibles.

La responsabilité sociale des entreprises, entre engagements et réalité

Une session a été dédiée à la responsabilité sociale des entreprises (RSE), animée par Facia Giraude ADEOSI, Chef de la cellule RSE et Développement Durable à l’Institut 2IE. Elle a exposé les enjeux de la durabilité environnementale et les obligations des entreprises en matière de RSE. L’État, à travers des stratégies et politiques déjà mises en place, joue un rôle déterminant dans la promotion de la RSE. Les entreprises doivent s’appuyer sur des références nationales et internationales comme les Objectifs de Développement Durable (ODD)/ Green Metric pour répondre aux exigences en matière de RSE.

Cet événement a mis en lumière l’importance de la communication responsable pour un monde plus intégré et pacifique. Il a offert une opportunité aux participants de renforcer leurs compétences et de contribuer activement à la transformation sociale à travers une information vérifiée et une communication éthique.

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Au Sahel, les radios communautaires sont les reines de l’information de proximité. Et ce, malgré le manque de moyens et les risques sécuritaires auxquels leurs équipes doivent faire face. En donnant la parole aux populations, elles touchent tous les secteurs de la vie locale, des questions d’alphabétisation à celles de la santé Elles sont parmi les derniers vecteurs d’information dans certaines zones rurales, désormais difficilement accessibles aux journalistes du pays ou de l’international.

Sadibou Marong
Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF
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